Où et quand ?
Opel a organisé en novembre un énorme évènement dans les environs de Madrid pour les essais internationaux, sur de superbes routes et sur le circuit de Jarama. Il a profité du circuit pour faire découvrir la version rallye, en passager. Tous les Mokka revêtaient la même tenue sobre (gris/noir) et chaussaient les mêmes gommes Michelin Pilot Sport EV, les plus sportives disponibles.
281 ch sur les roues avant
GSE, GSi, GT, OPC, les appellations sportives ne manquent pas dans l’histoire de la marque et « GSE » remonte à la Commodore (fin des années 60), puis la Monza des années 80. Sauf qu’à l’époque, l’acronyme signifiait Grand Sport Einspritzing (injection en allemand). Depuis 2022, il change de signification et est associé à des Astra et Grandland hybrides. Cette fois, Opel confie à la Mokka, un crossover urbain, le rôle de pionnier de cette gamme sportive 100 % électrique qui devrait s’agrandir avec la Corsa. Cette sorte de compacte surélevée reprend la plateforme e-CMP, la batterie de 54 kWh et l’ensemble moteur (M4)/boîte (1 rapport)/transmission (traction) du groupe Stellantis équipant la 600e, la Junior Veloce, l’Ypsilon HF ou la future 208 GTi. Par rapport à ces deux dernières, l’empattement augmente de 2 cm et la masse s’alourdirait d’une cinquantaine de kilos. La cousine allemande incarne une traction discrète qui mise sur son côté obscur (capot noir en option) pour éveiller les soupçons. Les jantes de 20 pouces mettent aussi la puce à l’oreille, comme l’inscription sur le côté. L’intérieur suit cette tendance tristoune et intègre les incontournables écrans dans un même bloc. À l’avant, les occupants profitent de beaux baquets en Alcantara alors qu’à l’arrière l’espace est aussi compté qu’à bord d’une compacte. Voyons si le SUV se déride sur de sublimes routes vallonnées au nord de Madrid et sur le circuit de Jarama.
Rigueur avant tout
À chaque démarrage, cette Mokka opte pour le mode intermédiaire Normal délivrant le couple maximal (345 Nm) mais bridant la puissance à 231 ch et la vitesse à 180 km/h. L’Eco restreint logiquement davantage : 300 Nm, 190 ch et 150 km/h. Seul le mode Sport permet de profiter des 281 ch et d’atteindre la vitesse bridée mécaniquement à 200 km/h (réducteur). Même si cette électrique avoisine 1,6 tonne, une telle force sur le segment lui donnerait des ailes avec un 0 à 100 km/h annoncé en 5’’9, plutôt crédible. Le décollage se veut saisissant mais progressif en ménageant l’arrivée du couple, puis la bride déboule facilement tout en soignant la stabilité. Opel écarte tout son fictif et seul un léger sifflement – banal – accompagne la poussée conséquente, au détriment des sensations sonores. Sur autoroute, le SUV n’est pas silencieux pour autant en raison des bruits aéros liés à sa hauteur et de roulements. Pourtant, il se passe de semi-slicks (y compris optionnels), contrairement aux citadines du groupe. Les pneus les plus sportifs sont signés Michelin (Pilot Sport EV) et diminuent l’autonomie par rapport aux Goodyear Eagle F1 : 324 vs 336 km. En conduite sportive, ces chiffres sont à diviser par deux et cette faible autonomie réclame de bien calculer les points de recharge (maxi 100 kW autorisés).
Une GTi ?
Le confort reste supérieur à celui de la cousine Lancia ou des Mini eJCW, malgré les jantes de 20 pouces, et s’appuie sur des amortisseurs à butée hydrauliques. Entièrement revue, la suspension atténue les méfaits de la masse qui se ressentent au freinage et au placement en attaquant. Le conducteur se retrouve davantage perturbé par la pédale de freins mollassonne, incitant à ajouter le régénératif (« Brake ») pour accroître le mordant et la confiance. L’essentiel est que le dispositif suffise à ralentir efficacement le SUV et qu’il ne flambe pas après l’assaut d’un col ou deux tours de piste de Jarama. Autres points cruciaux, les informations remontant au travers de la direction (moins sensible que celle de la Lancia) sont suffisantes et les remontées de couple générées par l’autobloquant Torsen restent mesurées : 36 % à l’accélération et 34 % à la décélération. Au point d’en désirer plus pour pimenter les passages en courbe ! Sur le sec, l’antipatinage n’intervient quasiment jamais, tout comme l’ESP non déconnectable. Gênant ? Non, à moins de vouloir déstabiliser sauvagement ce SUV qui préfère la rigueur à la gaudriole. Équilibrée, neutre, la Mokka ne peut revendiquer la vivacité ni la hargne des Ypsilon HF, Aceman JCW et A290. Même en abusant du freinage dégressif, l’arrière réagit peu et se contente d’accompagner l’avant. Au final, on passe un agréable moment au volant de cette GSE mais il manque cette âme GTi, ce côté épicé qui aiderait à faire passer la pilule tarifaire, aussi indigeste que celle de la Junior Veloce. La future Corsa GSE devrait rectifier ces points.
Le tarif
Il fait mal en démarrant à 46 500 € ! Nous nous attendions à un positionnement plus agressif de la part d’Opel, face au cousin Alfa ou à la Mini Aceman JCW. Mais le constructeur multiplie les promotions et, par exemple en cette fin 2025, il ramène la douloureuse à 41 445 € et propose une location avec option d’achat à 463 € par mois : sur 3 ans, 30 000 km et après premier loyer de 4750 €. Comme le prix français reste inférieur à 47 000 €, il peut bénéficier d’une aide allant de 3440 à 4750 €.