Motorsport : En ce début d’année 2026, comment se portent les affaires ?
Moteur&Sens : Là, on fait exploser les compteurs en janvier et février. C’est un truc de dingue ! Il y a un dynamisme à attribuer principalement au marché Ferrari. On a vendu une Aperta en 2h à 1 million d’euros, la 16 M à 600 000 € ! Mais dans l’ensemble, toutes les séries limitées de toutes les marques se sont emballées. En dehors de ça, on a par exemple vendu une RS4 de 2020 la semaine dernière qui est partie très vite à moins de 100 000 €. On vend désormais rarement de modèles dans cette tranche qui proviennent de reprises. Ce n’est pas notre cœur de cible.
MS : Comment se portent les ventes de séries spéciales BMW M ?
M&S : Il y a peu de demande. On a une CSL en ce moment à 169 000 € et nous avons des offres inférieures à ce prix parce que sur notre marché elle a du mal à se revendre. Ce ne sont pas des mauvaises autos, la CSL déchire d’ailleurs… Leur problématique vient de leur appartenance à une marque premium. On a le même souci avec les Audi R8 qui proposent un super prix/prestations, avec les AMG GT qui descend jusqu’à 80 000 €… Ces marques n’ont pas la puissance de Porsche ou Ferrari. On n’a peu de demande parce qu’il y a une grosse décote. Les M2 sont compliquées à revendre, entre la décote, le malus et le nombre d’exemplaires sur le marché. Elles se retrouvent noyée dans les annonces… La demande va vers le collector puisque les clients ne veulent pas perdre de l’argent. Ils nous demandent tout le temps : « c’est quoi qui monte ? Qu’est-ce qu’il faut acheter ? »
MS : Comment les clients perçoivent la Temerario que nous avons à l’essai dans ce numéro ?
M&S : On connait peu de personnes qui l’ont déjà reçue. Nos clients évoquent plutôt de la déception vis-à-vis de la ligne, de la peur vis-à-vis de l’hybridation puisqu’on sort d’un V10 mémorable. Forcément, elle va être moins facile à vendre que son aînée. Il n’y a pas de ferveur. Les clients ont assez de recul pour se dire que les modèles classiques ont moins d’intérêt et que la cote se maintient uniquement avec les séries spéciales. Ils savent très bien qu’il y aura des éditions limitées et radicalisées donc ils les attendent.
MS : Est-ce que vous avez eu des coups de cœur récemment pour des sportives âgées de 5 à 15 ans ?
M&S : Une auto a beaucoup décoté récemment, toutes proportions gardées, c’est l’AMG GT Black Series. Elle a grimpé jusqu’à 500 000 € et s’échange désormais à 330 000 € alors qu’elle était facturée neuve à 390 000 €. C’est le prix d’une GT 63 Pro actuelle avec quelques options et le malus ! Pour rester chez AMG, on trouve désormais des GT R à 130 000 €, on en a pour son argent et la cote se stabilise. À moins de 100 000 €, on trouve une DB9 Volante mais c’est difficilement revendable parce que l’entretien coûte très cher… Par exemple le GPS amovible tombe en panne et est facturé 10 000 €. Il y a le même souci avec la FF qui, comme ses aînées, a toujours eu du mal à se vendre en seconde main. On en parlait la dernière fois, elle rencontre en plus des soucis de transmission. En restant dans la même marque, on a vendu une California la semaine dernière autour de 100 000 € et la cote bouge peu désormais. À ce prix-là, elle devient intéressante entre le comportement et le bruit sympa. Attention, le mécanisme du toit est fragile. Dans un autre registre la RS5 V6 biturbo a drôlement décoté (autour de 65 000 €) et le rapport prix/prestation devient top. Mais attention, la cote peut dégringoler car on parle d’une marque premium non exclusive. Il faut que la marque soit plus forte que le produit pour espérer s’y retrouver. il faut également faire attention au cycle de vie d’une occasion qui plonge en général deux ans après son lancement avant de remonter la pente.