Lancée en 1964, la Renault 8 Gordini tirait 95 ch de son moteur placé à l’arrière, qui entraînait les roues arrière. Exigeante à piloter, elle est devenue l’école de conduite sportive de toute une génération de pilotes, Jean Ragnotti en tête. Elle a aussi permis à Renault de vendre une sportive dérivée d’un modèle de grande série une décennie avant l’arrivée des GTI.
Le concept dévoilé le 24 septembre lors du défilé Renault garde la propulsion, mais avec un moteur électrique de 270 ch. La voiture ne reprend presque rien des proportions de la berline d’origine. Elle mesure 4,12 m de long, 1,88 m de large et seulement 1,27 m de haut. Sa carrosserie en carbone ne compte plus que deux portes, avec des roues de 19 pouces à l’avant et 20 pouces à l’arrière. « Le choix des roues plus grandes à l’arrière qu’à l’avant génère visuellement un effet propulsif : clin d’œil à l’architecture « tout à l’arrière » qui fut la signature du comportement joueur du modèle originel », explique Alexandre Malval, directeur du design Renault.
La poupe, élargie, gagne un léger dévers que la Gordini n’avait pas. À l’avant, la proue sans calandre forme un V et porte six projecteurs ronds. Ils reprennent la disposition des phares additionnels de la version rallye.
Le dessin suit l’esprit « café racer », déjà appliqué à la Renault 5 Turbo 3E : Le dessin se veut plus épuré, avec de nombreuses lignes d’accostage supprimées pour mettre en valeur les volumes sculptés de la carrosserie. Le capot avant ne présente ainsi plus de joint d’ouverture et se retire d’un seul bloc, comme sur certaines voitures de course. L’ancienne baguette chromée latérale devient une arête creusée directement dans la tôle.
L’embossage qui courait sur le flanc de l’originale est conservé et sert désormais à guider l’air vers une ouïe d’aération. La double bande blanche, qui était simplement collée sur la Gordini, structure ici tout le design : les grilles du capot et le dessin des feux arrière sont alignés sur elle. Elle se prolonge jusque sur la casquette du tableau de bord, où elle passe du blanc au bleu. La teinte s’inspire du bleu de France historique, retravaillé en peinture tri-couche nacrée. Le lettrage Gordini retrouve les stries du badge de 1964, un emblème « 8 » inédit composé de huit segments fait son apparition, et un blason en hommage à la « Gorde » est inscrit dans l’habitacle.
Dans l’habitacle, le plastique a laissé la place à l’aluminium brossé, associé à de l’Alcantara. Des cadrans ronds, qui sont en réalité des écrans numériques, sont posés sur une lame horizontale en aluminium. Le seul élément voyant est le bouton rouge du chronomètre, au centre de la planche.
Les sièges baquets noirs ont une partie centrale en velours côtelé bleu, en clin d’œil aux sièges plats et sans appui-tête de l’époque.
Contrairement au show-car R17 conçu avec Ora Ïto, ce projet a été entièrement développé en interne. Les designers de la marque ont proposé plus de 300 esquisses lors d’un concours. Deux projets ont été retenus et réalisés en maquettes à l’échelle 2/5e, puis fusionnés pour donner le modèle final. Après la R17 et la Renault 5 Diamant créée avec Pierre Gonalons, cet exemplaire unique rejoindra le futur musée des Collections Renault à Flins, qui doit ouvrir au public d’ici une quinzaine de mois. D’ici là, il sera exposé sur le stand Renault du Mondial de l’Auto de Paris, du 12 au 18 octobre 2026.
