Présentée en 1995 pour anticiper les 50 ans de la marque, la F50 a succédé à la F40 et ouvert l’ère Montezemolo, avec un lien plus direct que jamais entre les voitures de route de Maranello et la Formule 1. Son V12 de 4,7 litres, dérivé du 3,5 litres de la 641 F1 de 1990, développe 520 ch. Comme sur une monoplace de Grand Prix, son bloc en fonte est boulonné directement à l’arrière d’une coque en carbone de 102 kg, et c’est lui qui supporte la suspension arrière. Les formes de la carrosserie sont le fruit de centaines d’heures en soufflerie, et le soubassement reprend deux solutions de monoplace, un fond plat et un extracteur à l’arrière. Ferrari a pourtant gardé une boîte mécanique à grille en H, sans ABS ni antipatinage. La F50 est la dernière de ses supercars phares à conserver ce type de boîte. Sa production a été limitée à 349 exemplaires entre 1995 et 1997, contre 1 311 pour la F40.
Le châssis 107165 est le 334e de la série. Peint en Rosso Corsa avec un intérieur Nero à inserts Rosso, il fait partie des quelque 25 F50 livrées neuves au Royaume‑Uni. Il a ensuite rejoint une collection privée près de Tokyo, où il était encore recensé en 2008, puis celle d’un collectionneur chinois qui garait ses voitures à Düsseldorf. Il vient d’être importé aux États‑Unis. En près de trois décennies, il n’a parcouru que 171 kilomètres. La peinture, le carbone de l’habitacle et la sellerie ne portent aucune trace d’usage.
Broad Arrow présentera la voiture à Las Vegas le 31 octobre, avec une estimation supérieure à 20 millions de dollars. Le record actuel pour une F50 a été établi en août à Monterey : un exemplaire jaune de 1996 y a été adjugé 14 575 000 dollars, frais inclus. En janvier, une F50 rouge de 406 kilomètres avait atteint 12,21 millions de dollars à Kissimmee.
