Cosworth qui fabrique le V16 de la Bugatti Tourbillon (et les V12 des Aston Martin Valkyrie et GMA T.50 ainsi que le V10 de la Red Bull RB17 à venir) va bientôt avoir de la concurrence. En effet, la Zenvo Aurora doit être équipée d’un V12 6,6l quadriturbo de plus de 1250 ch fabriqué par Mahle Powertrains. En comparaison, le V16 atmosphérique de la Bugatti Tourbillon sortira 1000 ch.
Ce moteur prenant 9800 tr/mn (contre 9000 tr/mn pour le V16) ne fournira pas la puissance totale de la voiture puisque celle-ci dépassera 1850 ch grâce à plusieurs moteurs électriques. Pour rappel, la Bugatti stagnera à 1800 ch.

Le moteur sera équipé du système d’allumage par jet Mahle, développé de longue date, qui lui permettra de fonctionner en Lambda 1, sans manque d’oxygène ni gaspillage de carburant, pour des performances et un contrôle des émissions quasi parfaits. C’est un paramètre essentiel pour que le moteur soit homologué pour une utilisation mondiale conformément à toutes les réglementations antipollution, dans un avenir proche. C’est par exemple le cas du Flat-6 hybride de la nouvelle Porsche 911 GTS.
Le premier moteur a été construit et doit démarrer ses essais physiques, Zenvo annonçant les débuts de la production pour 2026.

Plus impressionnant, Zenvo annonce aussi un poids minimal de 1300 kg contre 1945 kg pour la Tourbillon. Deux versions seront proposées, la Tur orientée GT et la Agil pour le circuit. Cette dernière qui cachera un seul moteur électrique de 200 ch dans sa boîte de vitesse 7 rapports (à simple arbre signée Ricardo) ne développera « que » 1450 ch quand la Tur aura droit à deux autres moteurs sur chaque roue avant afin de passer la puissance à 1850 ch.
L’Aurora doit abattre le 0 à 100 km/h en 2,3s (Tur) contre 2,0s pour la Tourbillon et un 0 à 300 km/h en seulement 9s contre environ 10s pour la Bugatti. La V-Max annoncée est de 450 km/h (365 km/h pour l’Agil) alors que la Tourbillon doit atteindre 445 km/h. Les deux autos seront équipées de Michelin Pilot Sport Cup 2.

Seulement 100 Aurora seront produites au siège danois de Zenvo (contre 250 Tourbillon), la production étant répartie à parts égales entre les deux versions Agil et Tur. Aucun prix n’est annoncé mais il faudra être fort pour ne pas dépasser les 3,8 millions d’euros réclamés par Bugatti pour sa Tourbillon.
Plus largement, si nous sommes sûrs qu’avec son expérience acquise depuis la Veyron, Bugatti produira bien les exemplaires promis de la Tourbillon, il reste maintenant à Zenvo à prouver le sérieux de sa démarche et de ses annonces. Le challenge est relevé et beaucoup se sont cassés les dents sur ce genre de projet. À suivre.