Depuis la fin des années 1970, l’Officina Michelotto, à Padoue, est l’atelier auquel Ferrari confie ses versions de course. Tout commence par une préparation sur base de 308 en Groupe 4, confiée par Enzo Ferrari alors qu’il doit réduire le programme sportif d’usine. Suivront la 288 GTO Evoluzione, dont le projet débouchera sur la F40, puis la F40 LM produite à dix-sept exemplaires, la F50 GT limitée à trois unités jamais engagées en course, et la 333 SP dérivée de la Formule 1, tirée à quarante exemplaires. À partir des années 2000, Michelotto revient au premier plan avec les berlinettes V8 de compétition, 360, F430 puis 458.
Après le succès de la 360 GT, le département Corse Clienti de Maranello développe, en collaboration avec Michelotto, une version course de la F430, inspirée de la berlinette routière du même nom, présentée comme le premier modèle à faire basculer la marque dans l’univers des supercars. La F430 GTC fait ses débuts lors de la saison 2006 en classe GT2, proposée aux équipes privées par Corse Clienti.
Son moteur est un V8 à 90° dont la cylindrée est ramenée à 3 996 cm³ pour respecter la fenêtre de 3,8 à 4 litres imposée par la catégorie, avec un alésage et une course de 92 x 75,15 mm et un taux de compression de 11:1. Il est alimenté par deux brides d’admission conformes au règlement FIA-ACO, qui régulent une puissance comprise entre 430 et 470 ch selon les championnats, dans une plage de 6 600 à 7 500 tr/min. Côté structure, le châssis aluminium de série est rigidifié par une cage tubulaire en aluminium intégrée à l’habitacle, la carrosserie adoptant des panneaux composites et un large recours au carbone sur des éléments structurels secondaires, au prix d’une prise de poids d’environ 50 kg portant la masse à 1 130 kg.
En compétition, le modèle s’impose d’emblée, avec les titres constructeurs et pilotes FIA GT2 en 2006 et 2007, le titre constructeur ALMS GT2 2007 et des victoires de catégorie aux 24 Heures du Mans 2008 et 2009. Au total, la F430 GTC totalise onze titres en FIA GT2, quatre en LMS, quatre en ALMS, deux en Asian Le Mans Series, un en ILMC et douze en GT Open, sans compter de nombreux succès nationaux, avant de passer le relais à la 458 GT2 pour 2011, puis à la 488 GTE.
Le châssis F131 EVOGT 2410 est la cinquième F430 GTC sortie de l’Officina. Vendue neuve à l’écurie espagnole Ayrton Intermotor, qui la loue deux saisons à GPC Sport puis au Team Icer Brakes, la berlinette débute aux 1 000 km de Spa en mai 2006 sous le numéro 84. Qualifiée 42e, elle part à la faute et ne rejoint pas l’arrivée. Le masque avant endommagé, elle repasse par Michelotto avant de reprendre la saison de LMS.
En juillet 2006, aux 1 000 km du Nürburgring et désormais numérotée 83, elle est qualifiée 26e par l’équipage Zonca, Belicchi et Cioci, juste derrière la 550 Prodrive pourtant engagée en GT1. Partie en pole de la classe GT2, la F430 GTC signe une course parfaite et l’emporte dans sa catégorie. Fin août, à Donington, elle est retirée après 2 h 32 de course. Un mois plus tard, à Jarama, cette dernière ne prend pas le départ, l’écurie préférant la préserver pour l’autre rendez-vous de sa saison.
La voiture est engagée aux tests préliminaires des 24 Heures du Mans 2007, en spécification mécanique 2007 avec les équipements propres à l’endurance, feux additionnels et aileron spécifique, et une nouvelle livrée aux couleurs de son sponsor. Aux mains de Marsh, de Simone et Rosenblad, elle se classe 53e des essais avec un meilleur tour en 4’11″629, devant l’une des F430 GTC d’AF Corse. Deux semaines plus tard, l’équipage Rosenblad, Villaroel et Marsh la qualifie 51e. Après un bon départ et une course longtemps maîtrisée la berlinette s’immobilise à Mulsanne après 20 h 42, à cause d’une casse sur un arbre de transmission.
De retour chez Michelotto, la F430 GTC retrouve sa configuration initiale tout en conservant sa teinte blanche, devenue spécifique à l’auto, et reçoit à la demande d’Ayrton Intermotor la dernière spécification disponible, soit plus de 100 000 € de travaux, factures au dossier. Elle dispute ensuite quatre courses dans les championnats espagnols entre 2008 et 2010 avec Jesus Diez Villarroel, avant d’être employée à partir de 2011 à des fins promotionnelles pour Icer Brakes, son sponsor de toujours.
En 2015, cette dernière change de mains pour la première fois et rejoint un collectionneur français, amateur de Ferrari de course des années 1970, attaché à son importance historique. Après une sortie sur un circuit français, la voiture n’a plus roulé pendant près de dix ans. Elle réapparaît aujourd’hui dans un état de conservation remarquable, son moteur, sa boîte, son châssis et sa carrosserie étant toujours d’origine, et elle est cédée avec le stock de pièces transmis par le précédent propriétaire, dont l’inventaire est disponible sur demande.
Les F430 GTC figurent désormais parmi les montures les plus convoitées des plateaux historiques, notamment au Le Mans Legend, en plateau 9. Compétitives et accessibles, elles se montrent plus faciles à exploiter que les 458 GTE, plus exigeantes et plus coûteuses, là où les 360 N-GT manquent aujourd’hui de performance. Gagnante au palmarès rare, dotée d’une livrée unique et restée fidèle à sa mécanique d’origine, cette F430 GTC a tout pour séduire les passionnés les plus exigeants, à commencer par ceux qui rêvent de la voir renouer avec la compétition dès juillet 2026, lors de la première saison du Legends of Le Mans de Peter Auto.