Bâtie pour l’homologation en Groupe 4, la 911 Carrera 2.7 RS marque l’histoire de Porsche à plus d’un titre. Elle est la première 911 à porter le nom Carrera, hérité des succès de la marque à la Carrera Panamericana, et la première à recevoir les initiales RS, pour Rennsport. Sa recette tient en peu de mots : un six-cylindres à plat agrandi à 2,7 litres et nourri par l’injection mécanique Bosch pour 210 ch, des ailes élargies et un becquet en « queue de canard » qui signe sa silhouette. L’exemplaire présenté (lot 60), châssis 9113600231, est une authentique 2.7 RS dans la recherchée configuration allégée Lightweight M471, produite à environ 200 exemplaires.
Livrée neuve en Suisse le 7 février 1973, elle conserve sa teinte d’origine Blanc Grand Prix, ses jantes et son lettrage bleus et un intérieur KL noir, et dispose du rare autobloquant optionnel M220. Son historique est documenté depuis 1981, du Jura au Maine-et-Loire puis à la Touraine, avant son acquisition par Christian Tahon, cofondateur du magazine Flat 6. Ce dernier engage en 2003 une restauration complète au Garage Ollier à Carqueiranne, qui remet la voiture, jadis utilisée en course, dans sa configuration d’origine tout en conservant son arceau boulonné. Depuis sa restauration, elle n’a connu qu’un usage de loisir. Son moteur, un bloc 2,7 litres en magnésium de 1975, a par ailleurs été entièrement refait en 2015. Le compteur indique un peu plus de 92 200 km. Estimation entre 400 000 et 600 000 €.
Changement de discipline avec le rallye et le Groupe A. Dernière évolution d’une lignée victorieuse, la Lancia Delta HF Integrale Evoluzione 2 est lancée en 1993. Son quatre-cylindres turbo Lampredi développe 215 ch et 320 Nm dès 2 500 tr/min. Cette année-là, après les départs d’Auriol, de Kankkunen et du sponsor Martini, les Delta passent aux couleurs Repsol pour leur dernière saison en compétition, au terme d’une carrière qui aura valu à Lancia 46 victoires en WRC et six titres constructeurs consécutifs. La voiture proposée (lot 64), châssis ZLA831AB000582163, est une authentique EVO 2, l’une des dernières produites, transformée en réplique fidèle de la Repsol Groupe A de Carlos Sainz.
Construite sur plusieurs années par un mécanicien passionné et achevée en 2015, une préparation VHC fidèle aux spécifications du Groupe A : caisse soudée, renforts type Abarth, arceau multipoints Sparco et un moteur revu, bloc allégé sans arbre d’équilibrage, bielles et pistons forgés, vilebrequin équilibré, turbo Garrett TB035 et gestion électronique sur mesure, portant la puissance à 310 ch. Le châssis a été repensé, avec un essieu arrière à bras oscillants rotulés type Abarth et un freinage AP Racing. Passée ensuite dans la collection d’un amateur qui en a restauré la boîte et remplacé l’embrayage, elle a été acquise lors d’une précédente vente Aguttes par son propriétaire actuel, important collectionneur de la région parisienne. Le faisceau électrique, les freins et le réservoir ont été revus plus récemment, pour près de 120 000 € investis au total. Estimation entre 100 000 et 130 000 €.
Le Groupe A se conjugue aussi au masculin allemand et au rallye français. Développée par BMW Motorsport pour l’homologation en Groupe A, la M3 E30 s’est imposée comme l’une des grandes voitures de rallye de son époque. L’exemplaire présenté (lot 65), châssis WBSAK010100844523, est étroitement lié au rallye français, puisqu’il a été préparé et engagé par Hugues Delage, pilote et préparateur reconnu, avec laquelle il a remporté un grand nombre de victoires au cours de sa carrière.

Réalisée par Delage Sport selon les spécifications Groupe A, cette M3 reçoit un quatre-cylindres de 2,3 litres développant environ 290 ch à 7 500 tr/min et un couple de 28 mkg, pour un poids de 1 065 kg seulement. La traçabilité est complète, de son engagement sous les couleurs de GAM Restauration en 1994 jusqu’à aujourd’hui, avec un passeport technique historique valable jusqu’en 2030, un dossier, des photos d’époque et de nombreux documents officiels. Dès sa première sortie au Rallye National des Géants en mars 1994, elle s’impose au général, avant d’enchaîner les succès entre 1994 et 1995, de Lyon-Charbonnières au Pays du Gier, des Vins Mâcon à Jeanne d’Arc, de la Lozère à la Dordogne, jusqu’à la Finale de la Coupe de France des Rallyes 1994, contribuant aux succès nationaux du tandem Delage-Maury. Toujours dotée de sa caisse Matter et d’une instrumentation en grande partie d’origine, reconnaissable à son immatriculation 4505 VK 51, elle est accompagnée d’un titre de circulation belge. Estimation entre 200 000 et 250 000 €.

Retour aux grandes GT et au V8 avec la De Tomaso Pantera. Présentée au Salon de New York 1970 pour succéder à la fragile Mangusta, elle naît du travail de Gianpaolo Dallara, coconcepteur de la Miura. Dotée d’une coque autoporteuse en acier et du V8 Ford de la Mustang, elle devient le plus grand succès de la marque avec plus de 7 200 exemplaires, et s’illustre en compétition au Mans, à Sebring, à Monza, à Silverstone ou au Nürburgring. Celle présentée (lot 57), châssis THPNLL01508, est un modèle des premières séries. D’abord voiture de tourisme aux États-Unis, elle est transformée en 1980 par deux frères pour viser des records de vitesse à Bonneville, avec moteur préparé et rapports allongés, une première tentative à 183 mph (295 km/h) puis un record du monde à 201,2 mph (324 km/h) l’année suivante.
Exportée en Suède puis au Danemark, elle reçoit une première transformation Groupe IV chez Aquila Racing Cars, son V8 Cleveland recevant des culasses aluminium, quatre carburateurs Weber et des échappements inspirés de la GT40, pour une puissance estimée à environ 500 ch. Après une carrière en course historique européenne, elle est revendue en 2016 et entièrement restaurée, carrosserie et mécanique, par l’atelier TDS Racing. En France, elle a notamment pris part au Tour Auto en 2018, son passeport technique historique ayant été renouvelé en 2022. Accompagnée d’un titre de circulation anglais et dédouanée en France, elle réclamera de nouveaux baquets et harnais pour reprendre la piste. Estimation entre 200 000 et 300 000 €.
La sélection se referme sur la plus récente et la plus accessible. Pensée pour offrir une compétition à budget contenu, la catégorie GT4 repose sur des modèles de série transformés pour la piste. En 2008, BMW Motorsport développe la Z4 GT4 à partir de la Z4 M Coupé (E86). Sous le capot, le six-cylindres en ligne atmosphérique S54B32 de 3,2 litres délivre près de 390 ch, transmis par une boîte manuelle à six rapports. Pour un poids de 1200 à 1300 kg selon la préparation, la voiture mise sur une coque rigidifiée, des trains réglables, un différentiel à glissement limité et un freinage taillé pour la course, un ensemble qui en fera l’une des références de la catégorie.
Ces cinq autos figurent au catalogue de la Vente d’Été, organisée par Aguttes le dimanche 21 juin 2026 à 15h. Elles seront visibles lors de l’exposition publique, les vendredi 19 et samedi 20 juin de 10h à 18h et le dimanche 21 juin de 9h à 12h. Découvrez le catalogue complet de la vente ICI.

