Le 14 octobre dernier, le PLF 2026 a été publié dévoilant les pistes visées par le gouvernement pour son budget à venir. Budget qui doit être encore voté, ce qui n’a rien d’acquis étant donné les circonstance actuelles et la fragilité du gouvernement.
Bien évidemment, la question des malus écologiques (sur le CO2 et le poids) dûs lors de l’achat d’une automobile a encore faire l’objet d’une scandaleuse évolution.
Concernant le malus au poids, ce PLF 2026 confirme le PLF 2025 qui précisait que les barèmes du malus CO₂ et du malus au poids ne seront pas modifiés jusqu’en 2028 mais que le seuil de déclenchement sera abaissé de 1 600 à 1 500 kg à partir du 1ᵉʳ janvier 2026.
Toujours sur le malus au poids, le projet maintient les abattements applicables selon les motorisations :
- Micro-hybrides : abattement de 100 kg jusqu’au 31 décembre 2026
- Hybrides non rechargeables (avec moteur électrique de plus de 30 kW) : abattement de 100 kg jusqu’au 31 décembre 2028
- Hybrides rechargeables (autonomie électrique de plus de 50 km) : abattement de 200 kg, dans la limite de 15 % du poids jusqu’en 2028
- Véhicules électriques non éligibles au score environnemental : abattement de 600 kg instauré à partir du 1ᵉʳ juillet 2026, jusqu’à 2028
- Véhicules électriques éligibles au score environnemental : exonération totale jusqu’au 31 décembre 2028
- Véhicules à hydrogène : exonération jusqu’au 31 décembre 2027, puis abattement de 600 kg à compter du 1ᵉʳ janvier 2028.
Malus CO2 délirant et cumul des punitions
- Parce qu’il serait « peu lisible et injustifié au regard des objectifs climatiques », et pour « renforcer l’efficacité du signal prix adressé par le malus et d’éviter certains effets d’aubaine », ce PLF 2026 supprime désormais le plafonnement du cumul des malus CO₂ et au poids à compter du 1ᵉʳ janvier 2028. À partir de cette date, les deux malus s’additionneront donc dans leur totalité et ne sera plus bloqué à 70 000 euros maximum.
- Par ailleurs, le PLF 2026 prévoit que le barème du malus soit une nouvelle fois accentué. On connaissait déjà la trajectoire jusqu’en 2027, et 2028 s’annonce dans la même veine.
Premièrement, le seuil de déclenchement du malus sera abaissé de 5 g/km par an, ce qui aboutit à l’instauration d’une taxe de 50 € dès un taux de rejets CO2 de 98 g/km. Il y a 15 ans, avec ce taux, vous étiez éligible à un bonus…
On sait déjà qu’en 2026, le montant maxi du malus passera à 80 000 € et s’appliquera dès 192 g/km contre 70 000 et 193 en 2025. Il est prévu que le malus augmente de 10 000 € tous les ans jusqu’en 2028, tandis que son seuil de déclenchement baissera de 2 g/km. Ainsi, en 2028, ce seuil passera à 188 g/km de CO2 et le malus maxi sera fixé à 100 000 €.
Pour résumer, si en 2028 vous craquez pour une auto émettant plus de 188 g/km de CO2 et de plus de 1500 kg, la facture sera lourde. Pour une 911 Turbo de 1640 kg, ce sera 101 400 euros !
À quoi bon ?
On comprend que l’objectif est de contraindre les gens à l’achat d’une auto électrique mais est-ce toujours aussi pertinent ? Le marché actuel est extrêmement tendu, les ventes d’électriques hyper subventionnées restent faibles, celles de voitures neuves aussi, le segment des voitures de sport et de luxe est totalement sinistré en France (il n’existe quasiment plus), on se demande donc si le résultat ne sera pas de déprimer encore un peu plus le marché français et de plonger les acteurs nationaux du secteur automobile dans une période extrêmement compliquée. Et sachant que les riches clients hexagonaux désireux de s’acheter des autos de luxe le feront quand même mais en passant par d’autres pays, on abandonne là des rentrées d’argent conséquentes. Incompréhensibles de se priver de ça au regard de notre dette abyssale…
Il est désormais clair que la France et son gouvernement actuel, contrairement à l’Allemagne ou l’Italie, ne sera pas parmi les pays qui réclament un report de l’interdiction des ventes de voitures thermiques à partir de 2035 et l’émergence d’alternatives au tout électrique.
Reste à voir maintenant si ce PLF 2026 sera voté en l’état.




