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Ferrari Hypersail : coque peinte et foils livrés, le monocoque se prépare à voler

Coque peinte, appendices livrés au chantier : le monocoque volant de Ferrari entre dans sa dernière phase de construction. Maranello en profite pour détailler la technologie qui doit lui permettre de quitter la surface de l’eau.

Quelques mois après la présentation de sa livrée, l’Hypersail l’arbore désormais pour de bon. La coque de ce monocoque de 100 pieds est entièrement peinte. Les appendices, ces éléments immergés chargés de générer et de contrôler la portance, viennent de rejoindre le chantier naval.

ferrari hypersail (2)

Pour voler, l’Hypersail s’appuie sur deux briques complémentaires. Les appendices, d’abord, ont des formes dessinées pour générer, moduler et encaisser les efforts nécessaires au vol. Un système de gestion automatisée baptisé Flight Control pilote ensuite l’assiette du bateau, c’est-à-dire son inclinaison d’avant en arrière, lorsqu’il navigue au-dessus de l’eau. La stabilité du monocoque repose sur trois points d’appui et de contrôle, répartis entre les foils, la quille et le gouvernail.

Les foils, ces ailes latérales immergées, fournissent la portance qui doit arracher la coque à l’eau. En réduisant la traînée, ils doivent permettre au bateau d’atteindre ses vitesses cibles. La quille constitue la principale singularité technique du projet. Elle intègre son propre foil, doté d’une partie mobile, un volet, et devient ainsi le troisième point d’appui du bateau en vol, au bénéfice de la stabilité. Le gouvernail sort lui aussi de son rôle habituel. Un petit volet mobile placé sur sa partie verticale lui permet de procéder à des micro-ajustements permanents pour maintenir le cap.

ferrari hypersail (3)

L’électronique fait le lien entre ces éléments. Flight Control fait office de système nerveux central de l’Hypersail et découle directement du savoir-faire de Ferrari en électronique automobile et en contrôle dynamique. Il ajuste l’assiette en temps réel à partir d’une analyse continue du vent, des vagues, de la vitesse et de l’angle de gîte, soit l’inclinaison latérale du bateau. Son fonctionnement suit une boucle en trois temps. Un réseau de capteurs répartis sur tout le navire mesure en permanence l’état de la mer et les mouvements de la coque. Un ordinateur de bord traite ces données et calcule les corrections nécessaires. Des actionneurs, bras mécaniques et pistons, modifient ensuite l’inclinaison des foils et des appendices pour compenser chaque variation d’assiette. Simulations numériques, analyse des flux d’air et logiciels de stabilité, habituellement mis au service des voitures de la marque, deviennent ici des outils pour faire voler un bateau.

ferrari hypersail (4)

Encore faut-il une structure capable d’encaisser les efforts du vol. La coque est construite en plusieurs couches de fibre de carbone, une combinaison censée lui offrir la rigidité nécessaire pour ne pas se déformer sous les contraintes de l’océan et permettre aux appendices de répondre précisément aux commandes. Les zones les plus sollicitées, comme les bras de foils et le chariot de grand-voile, reçoivent un renfort supplémentaire. Il prend la forme d’une construction en sandwich associant couches de carbone et de titane, une solution directement héritée des voitures de sport.

ferrari hypersail (1)

Mené entièrement en interne, le programme a déjà donné lieu à plus de 20 brevets. Parmi eux figurent le Winch by Wire, les éoliennes à portée étendue et le système MV/HV dédié à l’intégration des énergies renouvelables, présenté en juillet dernier en même temps que le concept d’autosuffisance énergétique. Le projet compte aussi un mât rotatif équipé d’ailettes, de petites surfaces en forme d’ailes, ainsi qu’une grand-voile à double paroi destinée à améliorer le contrôle et la maniabilité des voiles.

Avec sa coque terminée et ses appendices livrés, l’Hypersail entre dans la dernière ligne droite de sa construction. Le projet doit maintenant basculer dans une phase opérationnelle, dont Ferrari n’a pas encore dévoilé le calendrier. Les données qu’il générera viendront alors enrichir la base de connaissances de la marque, ses modèles de calcul et ses méthodes de simulation.

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