Le show automobile, le vrai, à l’américaine, ne fait pas vraiment partie de l’ADN de la FFSA et de l’essentiel des organisateurs d’évènements sur piste dans l’hexagone. L’idée de Red Bull de concentrer son immense savoir-faire dans le domaine sur une journée à Magny-Cours était à la fois originale, réconfortante et délicieusement décalée. Avec deux écuries de F1 et la présence tentaculaire que l’on connaît dans une multitude de disciplines sportives, la première édition de Motormania avait de quoi attirer l’attention d’un large panel d’amateurs de sports mécaniques. L’affiche était pour le moins impressionnante :
- Isack Hadjar, récent héros du Grand Prix des Pays-Bas, auréolé de son premier podium en F1.
- Sébastien Loeb, neuf fois champion du monde des rallyes.
- Sébastien Buemi, ancien pilote de F1 et double champion du monde d’endurance.
- Dani Pedrosa, triple champion du monde et légende du MotoGP.
- Sans oublier Cyril Despres, Luc Alphand, Sarah Lezito, Luc Ackermann… Bref, un casting XXL pour un programme mêlant drift, stunt moto, battles spectaculaires entre machines de compétition, dragsters et démonstrations de voitures de prestige.
Près de 30000 spectateurs
Pour profiter du programme très (trop ?) court et (trop ?) chargé, il valait mieux avoir mis son tôt son réveil ce samedi 13 septembre pour accéder sans encombre au circuit. Dès l’aube, les parkings se sont remplis à une vitesse impressionnante. Malgré un dispositif d’accès à double entrée (Nord et Sud), les bouchons sur la N7 ont commencé à se former avant 8h00 et se sont allongés sur plusieurs kilomètres. Environ 30 000 spectateurs auraient fait le déplacement, preuve de l’engouement encore en 2025, n’en déplaise à certains, pour les vacarmes mécaniques et la gomme brûlée. Le tarif pour la journée était de 45 €.
Les tribunes (non attribuées, ce qui n’était pas sans poser quelques problèmes) affichaient complet bien avant le début officiel du show, et les food trucks pris d’assaut dès 10h du matin. L’ambiance montait déjà dans la « Fan Zone » portée par les premiers « donuts » et « burnouts » d’avant show qui inondaient l’air de fumée et de décibels.
Dans les paddocks accessibles au public, les spectateurs avaient la possibilité, en théorie, d’approcher les pilotes de près. Certes, impossible de satisfaire tous les fans en quête d’autographes et de selfies, mais les champions ont joué le jeu. Une partie de la pit-lane était ouverte le matin puis fermée une fois le début officiel du show à 12h30… seulement.
Des shows à la chaîne
La suite fût un enchaînement effréné de shows d’une variété sans doute jamais vue en France avec des “face à face” improbables comme la MotoGP KTM contre la C4 WRC de Loeb, une F1 opposant la 208 T16 Pikes Peak, des tours de piste de F1 pilotées par Hadjar et Buemi, une démo de dragster, la parade d’une poignée d’Opel (partenaire officiel) de course de légende, mais aussi le ballet millimétré des Driftbrothers dans leur BMW M4 de 1000 ch ou encore les acrobaties spectaculaires en moto de Sarah Lezito, la star du “Stunt”.
Voir autant de fumée sur une piste où le drift est strictement interdit le reste de l’année est pour le moins savoureux… Tout ce qui glisse aura d’ailleurs eu les faveurs du public et si voir passer des F1 reste un moment exceptionnel, il est à noter qu’il s’agissait de monoplace Redbull RB7 de 2011 et non des voitures du championnat actuel.
En fin de journée, Sébastien Buemi résumait nous donnait son sentiment sur l’événement :
« Il n’y a que Red Bull pour imaginer un show pareil. C’est incroyable de voir toutes les tribunes pleines, ça prouve que le sport auto passionne toujours autant. Rouler ici me rappelle mes années GP2, l’accueil est toujours aussi chaleureux. Et avec ces voitures, l’expérience est unique. »
One shot ou nouveau rendez-vous ?
Red Bull a réussi son pari : réunir la crème du sport mécanique dans un show sans égal et remplir Magny-Cours comme rarement depuis 2008. Tout n’a pas été parfait, loin de là — circulation, parkings saturés, files interminables aux stands de restauration — mais pour une première, l’exploit est réel.
Des bruits de paddock évoquent une pause en 2026 mais une deuxième édition 2027. Pourquoi pas sur un week-end pour profiter pleinement d’un tel rassemblement de stars de bolides.




