Souvenez-vous des objectifs du géant chinois Geely, devenu propriétaire de Lotus en 2017 (avec 51% du capital de la marque) : avec ce joyaux anglais, le groupe voulait concurrencer Porsche en concevant des SUV et des sportives entièrement électriques, à une époque où beaucoup de constructeurs pariaient sur un basculement rapide de la clientèle vers la technologie sans moteur thermique.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les choses ne se sont pas exactement passées comme prévu pour Lotus. Non seulement ses modèles électriques (Eletre, Emera et Evija) ne se vendent pas assez, mais la politique américaine taxant lourdement les voitures électriques chinoises (ces modèles de Lotus sont justement fabriqués en Chine) met totalement à mal sa stratégie de développement mondial.
Il y a quelques mois, déjà, Lotus avait annoncé travailler sur des modèles électriques équipés d’un prolongateur d’autonomie pour s’adapter à la demande de la clientèle. La marque avait aussi annoncé la suppression de 270 emplois au Royaume-Uni (à l’usine d’Hethel). Mais finalement, il y aura 550 emplois supprimés de l’autre côté de la Manche en tout, soit 40% en moins par rapport aux 1300 actuels !
Les ventes de la marque sont d’ailleurs tombées de 42% sur le premier trimestre de l’année 2025, avec seulement 1 274 autos livrées sur cette période (où elle a aussi perdu 183 millions de dollars). Autant dire qu’on voit mal comment il pourrait y avoir de bonnes nouvelles pour Lotus à court et moyen terme. Va-t-elle rester un constructeur anglais, au passage, sachant que tous ses modèles électriques proviennent de Chine ? Pour faire face aux taxes mises en place par les Etats-Unis, la marque réfléchit à installer sa production localement. Rappelons tout de même que la sportive thermique Emira de fabrication anglaise est toujours au catalogue.