Comme quasiment toutes les Lamborghini à V12 central arrière avant elle, la Revuelto commence à étoffer sa gamme avec des déclinaisons plus agressives. On attend toujours sa variante Roadster, limitée pour l’instant à la très exclusive Fenomeno l’habillant d’une carrosserie différente. Mais la voilà cette fois en « Super Veloce », comme l’Aventador, la Murcielago, la Diablo et la Miura avant elle.
Elle arbore comme il se doit une carrosserie plus seyante, augmentant de 80% l’appui maximal par rapport à la Revuelto normale. Non seulement ce niveau d’appui surclasse de 10% celui de la très efficace Aventador SVJ de l’époque, mais l’auto revendique aussi un rapport « appui/traînée meilleur de 60% par rapport à la Revuelto de base ». Curieusement, son V12 atmosphérique de 6,5L ne gagne aucun cheval ni ne modifie sa cartographie, avec toujours 825 ch en pointe (pour 725 Nm) et une zone rouge grimpant jusqu’à 9 500 trs/min. La boîte automatique à double embrayage devient tout de même « plus rapide de 30% » nous précise-t- on chez Lamborghini.
Comment parvient-elle à revendiquer 1 065 ch et 1 425 Nm en pointe au lieu de 1 015 ch et 1 100 Nm pour la Revuelto « tout court » ? En revoyant à la hausse sa puissance électrique, toujours fournie par deux moteurs à flux axial à l’avant et un troisième bloc dans la boîte à l’arrière. Et l’allégement, alors ? « On gagne 0,1 kg/ch par rapport à la Revuelto normale, mais le travail consistait ici à ne pas alourdir la voiture malgré les améliorations dynamiques apportées », expliquent les chefs de projet de la Revuelto SV. Car l’auto embarque aussi un système de frein plus solide, conçu pour améliorer à la fois la puissance de freinage et baisser la température en utilisation intensive.
La Revuelto SV utilise des freins carbone-céramique de la nouvelle technologie « CCM-R Plus » (au lieu du CCB-Plus de la Revuelto). Côté pneus, les Brigestone Potenza Sport laissent place à des Potenza Race au profil semi-slick, dont manquait cruellement la Revuelto normale lors de nos mesures sur circuit. Et surprise, elle embarque aussi des amortisseurs réglables manuellement au lieu de la classique suspension pilotée adaptative. Comme sur une Alpine A110 R ! « On voulait qu’elle soit capable d’enchaîner quatre tours de circuit à fond sans perte d’efficacité ni de puissance », nous explique l’équipe de Lamborghini.
Le 0 100 km/h descend à 2’’4 (au lieu de 2’’5) et le 0 à 200 à 6’’7 (au lieu de « moins de 7’’ », ce qui en fait la Lamborghini la plus performante de tous les temps même si une Ferrari 849 Testarossa la surclasse (0 à 200 en 6’’35). Elle se limitera à 1 163 exemplaires et sachant que la récente Fenomeno revendique 10 ch « thermiques » de plus que cette SV, il reste sans doute du potentiel de développement…