Le constructeur texan n’était pas arrivé en Californie les mains vides. Plus de 60 des 71 exemplaires avaient trouvé preneur avant l’événement, auprès de clients fidèles comme de nouveaux venus, répartis sur plusieurs marchés. Il ne restait donc qu’une poignée de créneaux de production au moment de la présentation à The Quail. Ils se sont volatilisés en une demi-journée, à 2,5 millions de dollars hors taxes l’unité.
« Notre choix de tout miser sur le plaisir de conduite a manifestement coché toutes les cases pour nos clients », commente John Hennessey. Le fondateur de la marque décrit une clientèle lassée des machines hybrides complexes, saturées d’écrans et vidées d’émotion, à laquelle la Blackbird apporte une réponse frontale. Il admet toutefois que personne, en interne, n’avait anticipé un tel emballement.
Il faut dire que la recette prend le contre-pied du reste de la catégorie. Sous le capot arrière, un V8 6,2 litres atmosphérique développé avec Ilmor Engineering vise 800 à 850 chevaux et plus de 9 000 tr/min, transmis aux seules roues arrière par une boîte manuelle six rapports à grille apparente. Hennessey annonce 2,5 secondes sur le 0 à 96 km/h et 354 km/h en pointe, pour un poids à sec visé sous les 1 360 kg grâce à une monocoque et une carrosserie intégralement en carbone. Côté aides électroniques, la Blackbird se limite à l’ABS et à l’antipatinage, ce qui reste cohérent avec un habitacle sans le moindre écran, organisé autour d’un large compte-tours analogique.
Les 71 acheteurs devront patienter, les livraisons clients ne débutant pas avant 2029. Quant aux retardataires, il leur reste la liste d’attente ouverte par Hennessey, qui se remplit déjà rapidement.