Le voyage commence en 1959 avec Roy Salvadori et son casque Les Leston, témoin silencieux d’une saison remarquable. Ce casque a accompagné Salvadori lors de son programme d’endurance et de monoplace, culminant avec la victoire historique aux 24 Heures du Mans aux côtés de Carroll Shelby, offrant à l’écurie Aston Martin son unique victoire à la classique d’endurance. En 1960, Salvadori conserve le casque comme pièce de rechange, avant qu’il ne soit utilisé par Stirling Moss lors du Championnat d’hiver d’Afrique du Sud, au volant de la Porsche 718 RS 60 de Rob Walker. Moss y remporte le Grand Prix du Cap et le Grand Prix d’Afrique du Sud, donnant à ce casque une histoire déjà riche avant qu’il ne passe aux mains du pilote sud-africain Andre Loubser, qui l’a conservé jusqu’à ce qu’il le vende au propriétaire actuel avec l’accord de Moss : « Si tu peux vendre le casque, vas‑y et bonne chance. Sois heureux, Ciao. »
Ce casque Les Leston, avec sa patine authentique, symbolise l’âge d’or du sport automobile, et est estimé entre 50 000 et 70 000 euros.
Quelques décennies plus tard, Michael Schumacher s’impose sur les circuits, et deux objets permettent de revivre ses exploits. Son casque Bell de 1994 rappelle l’année où il décroche son premier titre mondial, remportant six des seize Grands Prix et se distinguant par sa précision et sa ténacité. Cette saison fut aussi marquée par l’accident mortel d’Ayrton Senna le 1er mai 1994 au Grand Prix de Saint-Marin, qui rappelle combien le sport peut être à la fois glorieux et cruel. Le casque Bell de Schumi signé de sa main, est estimé entre 20 000 et 30 000 euros.
La combinaison Sparco de Schumacher, portée en 1995 lors de sa deuxième saison chez Benetton-Ford, complète ce portrait. Avec neuf victoires cette année-là, Schumacher démontre son talent, sa régularité et son intelligence stratégique, consolidant son deuxième titre mondial consécutif. Selon le vendeur, employé de l’écurie Benetton, la combinaison a été portée par Michael Schumacher et utilisée également par l’équipe marketing, ce qui explique la présence des initiales MKT à l’intérieur. Cette pièce, mise en vente avec un certificat d’authenticité est estimée entre 15 000 et 25 000 euros.
L’histoire s’achève avec une pièce dramatique et fascinante : la roue arrière droite DYMAG de la McLaren MP4/5B d’Ayrton Senna, qui céda lors du Grand Prix de Saint-Marin 1990 alors qu’il menait la course depuis la pole position. Alors qu’il sentait déjà une déformation à l’arrière droit, la roue se brisa au sixième tour, le contraignant à abandonner. Senna décrit ce moment : « Dès le premier virage du premier tour, j’ai su que quelque chose n’allait pas, car j’ai senti une déformation à l’arrière droit. Au quatrième tour, la voiture a commencé à déraper et j’ai dû ralentir brusquement. […] Mais en descendant la colline vers Rivazza, j’ai réalisé que je perdais mes freins. Je n’arrivais plus à arrêter la voiture ; elle était incontrôlable. »
Ron Dennis, alors directeur de l’équipe McLaren, précise le contexte technique de l’incident : « Cette roue provenait d’un fournisseur externe et c’est elle qui a cédé cette fois-ci, même si, pour être honnête, nous n’avions jamais eu un tel problème avec l’une de ces roues auparavant. »
La jante, brisée net lors de l’accident, est restée dans son état d’origine après sa récupération et son inspection en usine. Estimée entre 15 000 et 20 000 euros, elle est accompagnée du programme officiel du Grand Prix de Saint-Marin 1990 et d’un numéro d’époque du magazine Autosport.
Ces pièces exceptionnelles, du casque de Roy Salvadori à la roue arrière de la McLaren d’Ayrton Senna, s’inscrivent dans la continuité des enchères de Broad Arrow, avec sa vente en ligne Global Icons: Europe du 23 au 30 janvier, dans laquelle on retrouve également des autos d’exception comme une Ferrari 360 Challenge Stradale unique et surtout la F1 Benetton de Michael Schumacher.




