Nous avons eu l’immense privilège de faire partie des 21 médias invités dans le monde à essayer la nouvelle Ferrari F80 en Italie. Deux jours de tests sur route et sur la piste de Misano. C’est là que nous avons pu réaliser, une fois nos cessions classiques de roulage terminées, un départ arrêté sur l’une des grandes lignes droites du tracé. Le résultat est à couper le souffle, au sens propre, comme le montre la vidéo ci-dessous.
Ferrari annonce 2”15 de 0 à 100 km/h et 5″75 de 0 à 200. Si ces chiffres ne vous parlent pas, sachez qu’une Formule 1 actuelle réclame tout juste un peu moins de 5” pour atteindre 200 km/h, et en ce qui concerne les voitures de route, voici quelques références :
0 à 100/200 km/h
- Ferrari Laferrari : 3”0 / 7”0
- Ferrari SF90 XX stradale : 2”3 / 6”5
- Ferrari F40 : 4”1 / 12”0
- Lamborghini Revuelto : 2”6 / <7”0
- Bugatti Chiron : 2”4 / 6”1
- McLaren W1 : 2”7 / 5”8
- Porsche 918 Spyder : 2”8 / 7”7
- Mercedes AMG One : 2”8 / 7”0
- Porsche Taycan Turbo GT : 2”3 / 6”6
……. - Alpine A110 : 4”8 / 16”9
1200 ch aux quatre roues
Comment la nouvelle Supercar de Ferrari fait-elle pour réaliser un tel exploit ?
Il y a d’abord et surtout son groupe motopropulseur. En position centrale arrière, on trouve le V6 biturbo dérivé de celui de la 296 GTB mais plus étroitement de celui de la 499P victorieuse au Mans. Grâce à un travail colossal dans tous les compartiments, jusqu’à la greffe de e-turbos à commande électrique (comme en F1), le seul bloc thermique développe 900 chevaux pour un rendement record de 300 ch/litre.
A cette valeur vient s’ajouter celle fournie par un moteur électrique arrière et deux moteurs électriques à l’avant (un par roue) pour une puissance combinée de 1200 ch et un couple maxi estimé à 1200 Nm (Ferrari ne communique pas ce chiffre). Le poids est élevé dans l’absolu (1525 kg à sec, soit environ 1650 avec les liquides) mais relativement contenu pour une supercar hybride de 4,84 m de long pour 2,06 m de large.
Outre la puissance pure, la manière dont elle est transmise influe considérablement sur les performances et dans ce domaine, Ferrari excelle avec une extrême finesse de la gestion électronique et de l’exploitation des moteurs avant. Une fois le launch control activé, on met le pied gauche sur le frein et enfonce la pédale de droite. Le régime se cale sur 3000 tr/mn et… pan ! La voiture s’arrache avec une force inouïe et si l’essentiel de l’effort et fourni par le train arrière sur les premiers mètres, le train avant prête rapidement main forte pour conserver une motricité presque irréelle.
Grip et (relative) finesse
Les pneumatiques sont un autre atout majeur. La F80 chausse en effet des Michelin Pilot Sport Cup 2R développés spécifiquement pour répondre aux contraintes inédites de couple et d’aéro.
L’exceptionnelle boîte double embrayage à 8 rapports (raccourcis par rapport à une 296) assure une rapidité et une cadence infernale tandis que l’aéro active (aileron arrière et volet avant mobiles) permet de limiter la trainée en ligne droite tout en participant à une déportance maximale de 1050 kg à 250 km/h en courbe !
Et la musique ?
Il va sans dire que le V6 ne sonne pas comme le V12 d’une Laferrari, mais la vidéo ne fait pas honneur à la furie de ce bloc suralimenté capable de prendre 9200 tours avec la légèreté d’un vrai moteur de course, ni aux vibrations transmises par la coque en carbone 50 % plus rigide que celle d’une Laferrari.
Moins de six secondes après avoir lâché les freins, me voici donc à 200 km/h, groggy et déboussolé par cette machine vendue 3,5 millions d’euros et limité à 799 exemplaires (évidemment tous vendus).
L’essai complet est à retrouver dans le magazine ENZO N°29, en kiosque le 17 juillet mais d’ores et déjà disponible à la commande sur la boutique NG Presse ICI.
