Et voilà encore une autre Porsche 911 « spéciale » après la 992.1 S/T de 2023 et, avant elle, la 991.2 Speedster ou encore la 991.1 R. Comme ces dernières, elle reprend la variante la plus extrême du flat-six atmosphérique du moment, dans la même configuration que celui de la 911 S/T de 525 chevaux et de la 992.1 GT3 RS mais avec 15 chevaux de moins à cause de ses quatre catalyseurs et ses deux filtres à particules nécessaires pour passer le dernier volet des normes antipollution européennes.
Le groupe motopropulseur de la 992.2 GT3 actuelle, donc, mais avec les portières et les ailes avant en plastique renforcé de fibre de carbone des S/T et 992.1 GT3 RS ainsi que de belles jantes en magnésium de série. Pas question, ici, de faire l’impasse sur les roues arrière directrices comme pour la S/T : en matière de calibration dynamique (direction, suspensions et amortisseurs), les réglages restent ici identique à ceux de la 992.2 GT3 Touring : « avec les freins carbone-céramique, les jantes en magnésium et les parties de la carrosserie en carbone, la 911 S/C pèse quasiment le même poids que la GT3 actuelle, même pas besoin de refaire une homologation spécifique », nous explique le responsable de la communication de Porsche Motorsport Oliver Hilger.
Et pourtant, cette 911 S/C reprend la caisse et la capote à commande électrique des 911 Cabriolet normales, avec comme seul élément d’allègement une paire de baquets optionnels (eux-mêmes pas si légers car renforcés sur leur partie dorsale). Avouant 1 497 kg à vide sur la balance avec ses sièges baquets optionnels, cette 911 S/C possède la boîte manuelle à six vitesses de la GT3 actuelle. Avec le petit levier de vitesses du pack Leichtbau, mais pas l’embrayage ultraléger de la S/T : « d’après les retours de nos clients, cette transmission était peut-être un peu trop extrême. En cas de maniement incorrect de l’embrayage, on arrivait vite à des changements coûteux », nous avouent les communicants de Porsche.
« De toute façon, la GT3 actuelle et sa version à boîte manuelle ont déjà bénéficié de l’expérience de la S/T dans leur mise au point », ce qu’on avait effectivement pu ressentir au volant de la 992.2 GT3 Touring sur la route lors de notre premier essai. Mais attention, cette 911 S/C dont le nom ne fait absolument pas référence aux 911 de la génération SC n’est techniquement pas une série limitée. « On sera limité par le nombre de panneaux de carrosserie en carbone qu’on pourra produire et la seule obligation égale sera de rester sous les 1 500 exemplaires annuels pour le marché européen. Les éléments de carrosserie allégés ne sont désormais autorisés qu’en petite série sur le Vieux Continent », nous précise-t-on.
Et il y a une bonne nouvelle au sujet de cette « petite série » : la 911 S/C n’imposera pas d’horribles « bips » après chaque démarrage à cause de ses aides à la conduite. Les alertes de franchissement de voie ou de dépassement de la limitation de vitesse pourront être ajoutées au tableau de bord, mais elles ne s’activeront pas par défaut comme c’est désormais la loi pour les voitures neuves en grande production. Le prix, hélas, atteint presque les sommets de la S/T avec une addition de départ à 276 500€ et un pack de design « Street Style » à 27 455€ pour ajouter des habillages très luxueux à bord. Mais l’idée de faire chanter le meilleur des flat-six sans toit dans une 911 au châssis d’exception mais plus polyvalente que l’ancienne Speedster et le 718 Spyder RS, ça nous botte. Est-ce que ce sera la toute dernière 911 atmosphérique, d’ailleurs ?
