La parenthèse ouverte par Lamborghini avec la Sterrato n’aura pas duré longtemps. Alors que la Huracán tire sa révérence et que la 911 Dakar reste un cas isolé chez Porsche, le petit constructeur californien Rezvani s’apprête à dévoiler la Dune, une supercar pensée pour évoluer aussi bien sur route qu’en dehors. Les premières images, diffusées avant une présentation complète attendue fin juillet 2026, montrent une silhouette évoquant la Huracán, mais affublée d’une garde au sol rehaussée et de voies élargies
Sous la carrosserie en fibre de carbone se cacherait un V10 5,2 litres suralimenté, développant jusqu’à 800 chevaux et associé à une transmission intégrale. Rezvani promet également un châssis et des suspensions spécifiquement développés pour un usage tout-terrain, sans renoncer au caractère sportif de la voiture. La Dune sera produite à seulement sept exemplaires, déjà réservables moyennant un acompte remboursable de 1 500 dollars, soit environ 1 300 euros.
Cette approche n’est pas totalement inédite. Lamborghini avait ouvert la voie avec la Huracán Sterrato, une édition limitée à 1 499 exemplaires dérivée de l’EVO intégrale. Son V10 5,2 litres atmosphérique, développant 610 chevaux, s’accompagnait d’une transmission intégrale et permettait un 0 à 100 km/h en 3″4, malgré une garde au sol relevée de 44 mm et des pneus toutes saisons limitant la vitesse maximale à 260 km/h. Vendue à partir de 264 765 euros, elle se distinguait par un comportement très survireur, bien qu’elle reste moins capable en tout-terrain pur que la 911 Dakar et sa garde au sol pouvant atteindre 80 mm.
L’idée d’une supercar taillée pour le hors-piste remonte pourtant à bien plus loin. Dès 1992, George Blain, fondateur d’Aixam, avait présenté la Mega Track au Mondial de l’Auto, une voiture de plus de 5 mètres de long déjà prête à s’aventurer hors des sentiers battus. Elle embarquait un V12 Mercedes de 408 chevaux, le même bloc que celui qui équipera plus tard la Pagani Zonda, et revendiquait une pointe de 250 km/h en tout-terrain. Facturée près de 2 millions de francs de l’époque (500 000 euros aujourd’hui), elle n’aurait séduit que cinq à six clients.
Trente ans plus tard, la Dune de Rezvani relance une idée aussi rare que spectaculaire, reste à savoir si elle marquera les esprits autant que l’a fait la Sterrato.