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Faux Départ

Nissan MID4

Voici une autre victime de la crise économique. Cette Nissan qui se voulait supercar visait la toute-puissante Ferrari F40.

Dans les années 80, les constructeurs japonais dévoilaient habituellement leurs nouveautés lors du salon de Tokyo. Pour Nissan qui voulait se développer en Europe et qui produisait alors des autos aussi excitantes que les Micra et Sunny, l’envie de frapper un grand coup lors du salon de Francfort 1985 a abouti à la création d’un modèle inattendu et percutant : une supercar à moteur central.

nissan mid4

Ses caractéristiques qui incluaient un V6 3,0 litres 24 soupapes à 4 arbres à cames en tête, un accélérateur “by wire”, une transmission intégrale, 4 roues directrices et un freinage doté de l’ABS ressemblaient fort à celles des concept cars de l’époque. Toutefois, Nissan précisa qu’il s’agissait bien d’une voiture prête à être commercialisée en Europe avant la fin 1987.  La firme invita les journalistes jusqu’au Japon pour leur mettre dans les mains des prototypes à rudoyer afin de prouver le sérieux de la démarche. Les premiers échos mentionnaient une direction très directe et un gros grip offert par la transmission intégrale à la répartition avant/arrière de 35/65, « identique à celle de la Peugeot 205 T16 de rallye » comme le rappelaient les attachés de presse Nissan. Même le style qui faisait penser à une Lotus Excel mélangée à une Ferrari 328 était prudemment décrit comme plus séduisant de visu que sur photos. Bref, tout cela promettait beaucoup pour Nissan.

En coulisses cependant, Nissan savait déjà que sa MID4 était compromise. Son squelette de métal était habillé d’une peau en fibre de verre pas très raffinée tandis que sa boîte de vitesses provenait d’une berline traction et obligeait à un montage transversal du V6, ce qui la rendait inutilement large. Et malheureusement, cela imposait aussi une suspension à jambes de force.

nissan mid4 3

Peu de temps après ses débuts au salon de Francfort fin 1985, Nissan repensa profondément le concept pour faire de sa MID4 une auto à la hauteur de ses ambitions. Deux turbos furent greffés au V6 et la puissance grimpa de 280 à près de 330 ch. Le bloc opéra alors une rotation de 90° afin de se positionner longitudinalement, la transmission intégrale fut intégralement repensée également afin de se marier au mieux avec les 4 roues directrices plus agressives et avec la nouvelle suspension à double triangulation. La MID4 mutait car Nissan avait trouvé un terrain d’expression pour elle : le Groupe S de rallye.

Malheureusement, le temps que la MID4-II soit prête pour sa présentation au salon de Tokyo 1987, le Groupe S était déjà mort depuis plus d’un an. Lorsque quelque temps plus tard, Nissan invita de nouveau les journalistes à essayer les prototypes de cette seconde génération sur un circuit japonais, le discours officiel laissait déjà penser que le projet avait du plomb dans l’aile. Cependant, les articles sortirent quand même et, cette fois, ils étaient réellement enthousiastes, louant la performance du V6 qui autorisait un 0 à 100 en 5’’ tout rond, soit une demi-seconde plus rapide qu’une Ferrari 328.

 Nissan envisagea même une troisième mouture dotée d’un V8 biturbo, voire d’un V12 6 litres

En privé, Nissan avouait sa déception puisque l’objectif était de battre carrément la F40 ! Au final, la MID4-II fut elle aussi abandonnée mais elle laissa sa place à une troisième génération équipée cette fois-ci d’un V8 biturbo, voire d’un V12 6 litres. Certaines rumeurs parues dans la presse expliquaient que ce troisième projet de supercar ambitieux pourrait être commercialisé à partir de 1991 en tant que porte-étendard pour Infiniti, la nouvelle marque de luxe du groupe lancée aux USA. Le plan était calqué sur celui de Honda dont la NSX était badgée Acura au lancement. Mais tout cela ne se produisit jamais.

nissan mid4 4

Alors qu’une nouvelle décennie débutait, les bruits autour du projet MID4 se firent de plus en plus discrets et, même si aucune annonce officielle n’eut lieu, on peut penser que la crise économique que le Japon a connue au début des années 90 a scellé le sort funeste de cette auto. On peut le regretter car, lorsqu’on constate avec quelle rapidité les deux premières générations ont été annulées pour être ensuite substantiellement améliorées, on se dit que si le programme MID4 avait encore duré dix ans, il aurait probablement ressemblé à un vaisseau spatial à propulsion nucléaire…

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