Le nouvel Urus SE Performante coiffe désormais la gamme et devient la version la plus radicale du modèle le plus vendu de la marque, celui qui pèse l’essentiel de ses immatriculations depuis son lancement. Autant dire que le constructeur de Sant’Agata n’avait pas droit à l’erreur.
Sous le capot en carbone ajouré, l’architecture reprend celle de l’Urus SE : un V8 4.0 biturbo associé à un moteur électrique à aimants permanents placé en amont de la boîte automatique à huit rapports. L’ensemble grimpe ici à 812 CV et 1000 Nm, soit 146 ch et 150 Nm de plus que l’ancien Urus Performante. La batterie lithium-ion de 25,9 kWh autorise plus de 60 km en mode 100 % électrique, avant que les deux motorisations ne conjuguent leurs efforts. Le 0 à 100 km/h tombe alors en 3″3, le 0 à 200 km/h en 10″8, pour une pointe à 312 km/h. Pour contenir la masse inhérente à l’hybridation, la marque a multiplié les éléments en fibre de carbone sur le capot, le toit, les passages de roues et le diffuseur. L’échappement titane signé Akrapovič retranche à lui seul plus de 10 kg. Résultat, un poids en ordre de marche homologué de 2 473 kg, soit 32 kg de moins que l’Urus SE, et un rapport poids/puissance ramené à 3 kg/CV que Lamborghini présente comme la référence de la catégorie.
La vraie transformation se joue toutefois dans la gestion du comportement routier. Le nouvel Urus SE Performante hérite du capteur 6D inauguré sur la Fenomeno, capable de mesurer en temps réel les accélérations sur trois axes ainsi que les mouvements de tangage, de roulis et de lacet. Relié au freinage intégré IPB, il anticipe l’adhérence disponible au lieu de réagir à une perte de motricité, avec une modulation continue du freinage à chaque étrier et une gestion plus fluide du couple. De quoi rendre un engin de près de 2,5 tonnes plus rigoureux et plus naturel dans ses enchaînements, avec un temps de réaction abaissé de 12 % par rapport à l’ancien Urus Performante.
La suspension pneumatique double chambre AURA fait par ailleurs son apparition sur la gamme Urus. Son architecture 2K2V associe des ressorts pneumatiques à double chambre à des amortisseurs à double valve, dissociant plus finement compression et détente. En conduite dynamique, le roulis recule de 55 % par rapport à l’ancien Urus Performante, quand les vibrations diminuent de 25 %. La voie élargie de 16 mm parachève ce gain de stabilité latérale.
Le travail aérodynamique suit la même logique. La traînée recule de 3 % face à l’Urus SE tandis que l’appui progresse de 16 % par rapport à l’ancien Urus Performante, grâce notamment aux prises d’air S-Duct sur le capot et au plus grand diffuseur jamais dessiné pour un Urus. Le refroidissement des freins gagne pour sa part 8 % d’efficacité par rapport à l’Urus SE.
Dernière surprise, un mode Rally calibré pour les surfaces meubles rejoint les programmes Strada, Sport, Corsa aux côtés du mode EV. L’idée de faire survirer un super-SUV hybride de près de 2,5 tonnes sur la terre conserve quelque chose d’absurde, et résume assez bien la philosophie de cette déclinaison. Face au Ferrari Purosangue et à l’Aston Martin DBX707, l’Italien fait le pari que l’électrification n’est pas l’ennemie du plaisir. Lamborghini promet le comportement le plus rigoureux et le plus affûté de toute l’histoire de l’Urus. Les premiers tours de roue diront s’il a tenu parole.