L’idée : être fun et décalée
Le responsable du développement Rouven Mohr confie que l’idée est née lors d’un diner avec Maurizio Reggiani qu’il a remplacé cet été et Mitja Borkert, responsable du design, alors qu’il revenait d’une séance d’essais dédiés à l’Urus Performante. Pourquoi ne pas inventer un intermédiaire entre une supersportive et un SUV ? L’idée fait son chemin et le prototype convainc la direction de s’éloigner de la performance pure pour proposer une nouvelle expérience de conduite, focalisée sur le fun et facilitant l’usage au quotidien. La Sterrato est basée sur une Huracán EVO 4WD : V10 dégonflée à 610 ch, voies élargies et garde au sol rehaussée. Lamborghini ne s’est pas inspiré de la Mega Track des années 90, mais de l’univers du rallye.
Les perfs : pas la priorité !
Ce n’est ni la garde au sol ni la carrure bodybuildée qui limitent les performances. Le coupable se nomme Bridgestone Dueler AT002, des pneus de 19 pouces quatre saisons imposés et développés sur mesure. Ils brident la vitesse maxi à 260 km/h, donc rien ne sert d’utiliser la version ultime du V10 (640 ch). Lamborghini opte pour la configuration 610 ch et 560 Nm, propulsant la RWD. « Nous reprenons les soupapes d’admission en titane de la STO et, contrairement à elle, l’entrée d’air sur le toit ne sert pas au refroidissement mais à l’admission du V10 ! Il faut donc composer avec une perte de pression d’air. » Quant au poids, il augmente de 80 kg par rapport à la Huracán RWD et s’établit à 1 470 kg à sec. Il devrait donc approcher les 1 700 kg avec les pleins. La Sterrato se contente tout de même de 3’’4 de 0 à 100 km/h et de moins de 10’’ de 0 à 200 km/h (9’’8).
Le châssis : renforcé et surélevé
De prime abord, le côté haut sur pattes ne saute pas aux yeux. La supersportive se contente juste de moins renifler l’asphalte. Logique, la garde au sol est relevée de seulement 44 mm. Porsche va plus loin avec la Dakar : 50 mm, voire 80 mm jusqu’à 170 km/h. L’empattement en profite pour être allongé de 9 mm et l’on perçoit surtout l’élargissement des voies (30 mm à l’avant et 34 mm à l’arrière) que les extensions d’ailes (brutes) mettent en avant. Lamborghini renforce le soubassement (avant, arrière et jupes latérales) et revoit entièrement la suspension accentuant le confort : les ressorts et amortisseurs pilotés génèrent plus de débattement. Toute l’électronique embarquée a également été repensée (direction, aides, transferts de couple) et un mode de conduite Rally fait son apparition pour faciliter le drift, comme à bord de l’Urus Performante. Les freins carbone/céramique sont étonnamment conservés. Enfin, le lift system relevant l’essieu avant est écarté, ainsi que les roues arrière directrices.
Le look : Mad Max !
Cette Sterrato pourrait très bien figurer dans la saga Mad Max. Les extensions d’ailes rivetées attirent l’attention, comme l’entrée d’air sur le toit. Les phares additionnels – fonctionnant uniquement en plein phare – en mettent aussi plein la vue mais attention, ils sont optionnels car non homologués dans certains pays comme les USA. Les éléments de carrosserie contrastés sont quant à eux de série, à l’image des barres de toit qui peuvent accueillir des skis ou une galerie.
À bord, on retrouve l’ambiance aéronautique de la Huracán, habillée de quelques éléments en carbone. Les tapis de sol et le dessin des sièges diffèrent. Superbe mais inconfortables, les baquets à coque carbone font partie de l’équipement standard et l’assise est rembourrée.
Le prix
Il pique les yeux… Il s’élève à 263 000 € hors taxe, soit 315 600 € TTC en France, hors malus écologique de 50 000 €. Cela représente une hausse de 61 % par rapport à la Huracán EVO RWD de 610 ch ou l’équivalent d’une 911 Carrera ! Malgré ce tarif élevé, pratiquement tous les bons de commande auraient été assignés. Lamborghini a pourtant revu à la hausse la production de cette série limitée, annoncée dans un premier temps à 1063 exemplaires (pour V10 et 1963) : 1 499 modèles. Les premières livraisons sont attendues au printemps.
L’opinion
Cette Sterrato n’a aucun intérêt sur le plan sportif. Mais Lamborghini promet que dès le premier virage, un large sourire se dessine sur le visage car cette Huracán aime la glisse ! Avant de la cantonner au rôle de sportive décalée et futile, voyons si elle procure de nouvelles sensations et beaucoup de fun comme l’annonce le constructeur.