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Les Ferrari oubliées

Jerrari, la Ferrari de Frankestein ?

Un 4x4 Ferrari ? Non, ça n'est pas vraiment nouveau.

Le premier « SUV » Ferrari vient de sortir et il s’appelle Purosangue, c’est-à-dire « Pur-sang ». Mais est-ce vraiment le premier ? Pas tout à fait. Car il y a déjà eu non pas un, mais 2 SUV Ferrari, ou presque. Et ils étaient tout sauf des pur-sang… Car, comme leur nom l’indique, les Jerrari ne sont pas des Ferrari, du moins pas tout à fait.

Tout commence en 1968, entre Reno, Las Vegas et le lac Tahoe. À la tête de plusieurs casinos, Bill Harrah (1911-1978) est un des rois des jeux de hasard du Nevada : belle revanche pour un homme que la crise de 1929 avait contraint d’abandonner ses études d’ingénieur mécanicien. Peut-être à cause de cette formation inachevée, c’est aussi un passionné d’automobiles qui possède une collection de plus de mille voitures, dont (en toute simplicité) deux Bugatti Royale. Au quotidien, Bill roule souvent en Ferrari (il en a évidemment plusieurs), mais il les trouve peu adaptées aux hivers du Nevada (qui veut dire « neigeux » en espagnol). Un jour, un accident semble lui donner raison : un de ses employés qui avait emprunté la Ferrari en sort indemne, mais la voiture est lourdement endommagée.

Bill Harrah fait greffer le moteur d’une 365 sur un Jeep Wagoneer

La légende raconte que Bill Harrah prend alors contact avec Enzo Ferrari pour lui demander de réaliser un 4×4, plus habitable qu’une 2+2, et plus sûr en hiver. La légende raconte aussi qu’Enzo Ferrari oppose une fin de non-recevoir définitive à cette demande. Ce qui n’est pas une légende, en revanche, c’est que Bill Harrah demande alors à son équipe de mécaniciens de greffer le moteur de la 365 accidentée sur un Jeep Wagoneer ! En bons employés, les mécanos s’exécutent, et vont même plus loin, puisqu’ils greffent toute la face avant de la Ferrari sur le gros 4×4, et réussissent à accoupler le V12 à une boîte de vitesses BorgWarner T10, la même que celle des AC Cobra.

Le travail est très conséquent : pour faire rentrer le V12 sous le capot, il faut réduire la taille du carter, ce qui impose le montage d’un radiateur d’huile. De plus, de nombreux éléments sont le résultat d’une savante hybridation : le compresseur d’air conditionné reste celui de la Ferrari, mais alimente la climatisation d’origine. De même, la direction (imprécise) du Wagoneer est assistée via la pompe de la Ferrari.

Facétieux, Harrah pousse le raffinement (ou la perversité ?) jusqu’à faire réaliser un logo où le cheval cabré est remplacé par Eugene the Jeep, un des personnages récurrents de la bande dessinée Popeye !

L’intérieur, pour sa part, reçoit un jeu d’instruments de bord VDO, le volant et les pédales de la Ferrari, et un badge avec le cheval cabré. En 1971, le magazine américain Road & Track essaie la Jerrari, mesure un 0-60 MPH (0-96 km/h) en 9’’, mais n’ose pas tenter une V-max car le comportement à haute vitesse est « inquiétant ». Avec des essieux rigides à l’avant comme à l’arrière, on s’en doutait…

Il n’empêche que Bill Harrah utilise régulièrement la Jerrari qui, beige à l’origine, est ensuite repeinte en vert foncé, la couleur préférée de son propriétaire. En 1977, nouvelle édition : toute la mécanique de la Jerrari est transplantée sur un autre Jeep Wagoneer, mais sans modifications de carrosserie. Cette dernière auto n’a que très peu roulé. Elle est aujourd’hui exposée au National Automobile Museum de Reno qui regroupe une partie de l’ancienne collection Harrah. Quant à la première Jerrari, elle a fait partie des nombreuses autos dispersées à la mort de Bill Harrah. Après avoir séjourné en Californie, elle a été vendue sur… eBay en 2008, et se trouve désormais en Allemagne, où son propriétaire la proposait il y a quelques temps à la vente, sans indication de prix. Mais elle se contente aujourd’hui du V8 et de la boîte auto d’origine, elle a reçu un tableau de bord de série, et la sellerie a été refaite. La remettre dans la configuration de Bill Harrah serait sans doute complexe, long et coûteux, pour un résultat probablement décevant. Mais si le cœur vous en dit…

 

Ce sujet est paru dans Enzo n°14, un magazine que vous pouvez retrouver sur ngpresse.fr.

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