Alors que certains craignaient une entrée de certains constructeurs chinois au capital du groupe Stellantis, profitant de ses grandes difficultés financières, c’est finalement l’une de ses anciennes marques qui saisit l’opportunité pour acquérir le géant franco-italien de la voiture de monsieur tout le monde.
Le groupe Stellantis sort d’une année 2025 catastrophique, avec des pertes chiffées à environ 22 milliards d’euros et un plan de redressement qui devait être officiellement dévoilé en mai prochain. Mais l’avenir du groupe formé par la fusion entre PSA et FCA au début de la décennie se joue finalement maintenant : on apprend par un communiqué officiel que Ferrari, entité séparée du grand constructeur (qui s’appelait alors encore FCA) depuis 2016, rachète Stellantis en entier.
Il faut dire que Ferrari dégage une rentabilité exceptionnelle depuis des années, ce qui a considérablement augmenté ses capacités d’investissements. Et la marque au cheval compte bien peser sur la stratégie entière de Stellantis : « nous allons supprimer le moteur Puretech et le remplacer par nos V6, V8 et V12 », explique le président de Ferrari John Elkann qui compte augmenter la marge de toutes les marques de Stellantis en proposant des produits plus chers et hauts de gamme.
« La remplaçante de la Peugeot 508 reprendra la plateforme de la Ferrari Luce et deviendra 100% électrique », précise l’Italien qui veut rassurer les investisseurs sur la volonté du groupe de ne pas abandonner cette technologie.
Ceux qui rêvaient d’une version de série de la Peugeot 907 seront ravis : « je pense qu’il existe un marché pour une cousine française de la Ferrari 12cilindi », estime John Elkann. Quant aux modèles les plus abordables de chez Opel ou Citroën, ils recevront le petit moteur turbo des anciennes Abarth 595 adapté aux normes Euro7.
Plutôt que les gros volumes, Stellantis veut désormais se focaliser uniquement sur les modèles « premium ». Une stratégie logique sachant que le prix des voitures neuves, qu’elles soient thermiques ou électriques, semble désormais hors de portée du grand public. « On se focalisera exclusivement sur les acheteurs les plus riches désormais », avoue John Elkann. « Pour survivre en milieu hostile, il vaut mieux avoir la taille d’un gros poisson que d’un modeste banc de sardines », conclut-il sur le sujet en justifiant cet investissement audacieux.